13. Le collectif humain
JE suis content de ne pas être condamné à vivre tout seul, comme un pur individu, genre « On naît tout seul, on meurt tout seul » (c'est le credo d'un ami à nous très doué pour le malheur). Content d'être aussi une partie d'un grand organisme collectif, l'humanité, qui a une intelligence incroyable répartie par petits morceaux dans les têtes de ses membres dont aucun n'est auto-suffisant.
Hier soir, sur l'insistance de Frankoise, je suis allé voir un spécialiste du dos. On verra ce que ça donnera quand j'aurai fait les examens et radios qu'il m'a demandé de faire et que je serai retourné le voir, mais les médicaments qu'il m'a prescrits m'ont fait passer ma première vraie bonne nuit depuis longtemps.
Parfois, j'ai l'illusion d'avoir un cerveau capable de réfléchir. Mais régulièrement, je me rends compte que l'aveuglement que je suis capable d'avoir sur moi-même est tel que je prends peu de bonnes décisions sans l'appui des autres. Frankoise, je sais que sans ton insistance je ne serai pas allé voir ce spécialiste. Pourtant, il est évident que c'était la bonne chose à faire. Tu as eu raison d'insister, et j'ai eu raison de savoir t'écouter. Je nous remercie.
On ne devrait jamais se contenter de son propre avis. Pas plus qu'on ne devrait se contenter de l'avis des autres.
J'aime de plus en plus cette idée de l'organisme collectif, de l'humanité constituée de parties non-autonomes. Pourtant, après réflexion collective, c'est à l'échelle de l'individu que se prennent les bonnes décisions.
Que la vie est belle et riche !
Jo