31. Tout paysage alpin est-il alpestre ?
REVENANTS1 aujourd'hui de Milan à Lyon par le lac Majeur et le col du Simplon, ce qui nous a permis de pique-niquer avec, à nos pieds, le paysage ci-dessus, j'ai demandé à mon amour :
« Dis-moi, quelle est la différence entre “alpin” et “alpestre” ? Est-ce que “alpin” est à “rupin” ce que “alpestre” est à “rupestre” ? Ou bien est-ce plutôt analogue à la différence entre “Sylvain” et “Sylvestre” ? ».
Il a souri, et m'a traité de crétin. Ce qui, au beau milieu des Alpes, était sans doute fort approprié mais ne m'a guère avancé. J'ai cherché ce soir, par goût du travail bien fait, le sens de “crétestre”, mais il semble que ce mot soit peu utilisé, et peut-être même n'existe-t-il pas — le chercher aura au moins permis à mon cher vieux Bescherelle de m'apprendre que le crétintza est une étoffe dont les paysannes de Moldo-Valachie font (ou faisaient) leurs jupons, et n'est donc pas, ni ontologiquement ni géographiquement, une grippe causée par le manque d'iode.
Jo
1 : J'ai utilisé le pluriel car nous étions deux — un chacun — et que j'aime parfois m'arroger ce genre de petits droits. C'est enfantin, je suis d'accord.