6. Les coups de marteau sur la tête
AUJOURD'HUI mercredi, j'ai encore mal au dos (problème sacro-iliaque, paraît-il). Il y a deux mois et demi que la petite douleur occasionnelle s'est transformée en vrai problème qui me fait marcher bien prudemment, voire boiter. J'ai vu mon médecin deux fois, j'ai vu un ostéopathe deux fois, et ce que j'en retiens est que les anti-inflammatoires sont une petite aide mais font vraiment mal au ventre. Je n'ai eu qu'une semaine de semi-répit, où la douleur était devenue rare et faible. Et depuis, contrairement à ce qui se passait au début, le vélo ne me fait plus de bien. Tous les modes de transport me fatiguent le dos, du moins ceux que j'utilise couramment : train, métro, vélo, bus, voiture, marche à pied.
Contrairement à mon compagnon, qui vénère les stoïciens, j'hésite rarement à dire que j'ai mal. Cette douleur actuelle est supportable. J'ai l'impression qu'elle occupe en permanence ou presque un bon tiers de mon cerveau, que j'ai un morceau de métal à l'intérieur de la fesse gauche et que quelqu'un me plante régulièrement un couteau dans le bas du dos, mais je l'ai en grande partie apprivoisée. Elle ne me fatigue plus autant qu'au début. Elle m'empêche toujours de me concentrer, mais j'ai appris à passer par-dessus régulièrement. Dans le fond, je sais que tout mon corps s'épuise, et j'ai maintenant une crispation de tout le dos et de la nuque, mais j'arrive de plus en plus facilement à être souriant.
Je crois que seules les vacances d'été, dans un mois, pourront résoudre le problème. J'espère que la semaine de tourisme que nous prévoyons en Italie ne sera pas gâchée. Si la douleur n'est pas passée après les vacances, il faudra que j'aille consulter un spécialiste.
Curieusement, sans doute grâce aux antidépresseurs, mon moral reste bon, ce qui m'arrange bien. Je suis patient, et je pense souvent à cette phrase de mon père nous expliquant que ce qui est agréable dans les coups de marteau sur la tête, c'est le moment où ils s'arrêtent. J'ai hâte d'y arriver.
Jo